Histoires de la nuit / Laurent Mauvignier

Livre

Mauvignier, Laurent (1967-....). Auteur

Edité par Les Editions de Minuit. Paris - 2020

Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu'occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu'une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années. On s'active, on se prépare pour l'anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau.

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Avis des lecteurs

  • Beau mais phrases très longues ! 4/5

    Mauvignier Laurent : Histoires de la nuit - Incipit (pour vous donner un "bref" aperçu). Elle le regarde par la fenêtre et ce qu'elle voit sur le parking, malgré la réverbération du soleil qui l'aveugle et l'empêche de le voir comme elle aimerait, lui debout, adossé à ce vieux Kangoo qu'il faudra bien qu'il se décide à changer un de ces jours – comme si, à l'observer elle allait pouvoir deviner ce qu'il pense, quand ils se contente peut-être simplement d'entendre qu'elle sorte de cette gendarmerie où il vient de l'emmener pour la combien de fois déjà, deux ou trois en quinze jours, elle ne sait plus -, ce qu'elle voit, donc, alors qu' elle est un peu surélevée par rapport au parking qui semble légèrement incliné après le bosquet, debout près des chaises de la salle d'attente, entre une plante rachitique et un pilier de béton peint en jaune sur lequel elle pourrait lire des appels à témoins si elle prenait le temps de s'y intéresser, c'est, comme elle la domine légèrement, la surplombant et de ce fait l'observant déformée, un peu plus tassée qu'elle ne l'est réellement, la silhouette compacte mais grande, solide, de cet homme dont elle se dit maintenant qu'elle a sans doute, depuis trop longtemps pris l'habitude de le voir comme s'il était encore un enfant - non pas son enfant à elle, elle n'en a pas et n'a jamais éprouvé de désir d'en avoir -, mais un de ces gosses dont on s'occupe occasionnellement, comme un filleul ou un de ces neveux dont on peut jouir égoïstement du plaisir qu'ils nous donnent à profiter de leur enfance sans avoir à s'encombrer des tracas que celle-ci provoque, que leur éducation génère comme autant de dégâts collatéraux inévitables.Voilà pour la première phrase... maintenant la critique !Les raisons de mon choix"Histoires" parce que j'aime les histoires et si ce sont des histoires "de nuit", encore mieux, cela veut dire qu'on va avoir un peu ou beaucoup peur, j'aime ça ! Ensuite étant "fan" de nouvelles, je pensais avoir à faire à un recueil de nouvelles, des "Histoires" avec des frayeurs. Gagné pour la frayeur ! mais raté pour les nouvelles, c'est un roman et un long roman doublé d'un thriller ! Donc légère déception parce que ce ne sont pas des nouvelles... pas grave, j'aime aussi les romans même longs ! Celui-ci fait 634 p. exactement (ça ne me fait pas peur !)Le résumé : (4e de couv')Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu'occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille, Ida, ainsi qu'une voisine, Christine, une artiste (atypique et à la chevelure flamboyante)*installée ici depuis des années. On s'active, on se prépare pour l'anniversaire de Marion dont on va fêter les 40 ans. Mais alors que la fête se profile, des inconnus rôdent autour du hameau...Résumé captivant, n'est-ce pas ? Un hameau paumé au nom déjà connoté "bas" ; quelques personnes dedans (dont 3 femmes !), un anniversaire à fêter et des individus qui "rôdent", je vais me régaler.Le styleJ'aime les phrases alambiquées (cad compliquées) du moment qu'elles sont parfaitement bien écrites. Mais ce n'est pas le plus difficile, il y a des phrases de 2 voire 3 pages ! (mais j'ai déjà lu du Proust !). Si vous ne supportez pas, le livre n'est pas pour vous. Moi, à priori j'aime. Le problème ici,c'est que le livre en foisonne, et il y a des moments où l'on jubile (pour la belle langue écrite et parlée) mais aussi des moments où l'on est comme en apnée, style "au secours j'étouffe" ! Oui, je l'avoue ! J'essaye d'être franche ! Que se passe-t-il ? Christine est peintre réfugiée dans ce hameau par choix, déçue de ne pas être peintre comprise et honorée ; aussi considérée comme "décalée". Femme de caractère, elle n'a jamais voulu céder à la facilité mercantile des rencontres de galeries et de ce fait n'obtient que peu de reconnaissance de la profession, incapable de promouvoir ses créations. Elle considère Bergogne, le fils du cultivateur qui a repris la ferme de ses parents comme un ami, un frère, (ils se connaissent depuis si longtemps sans même avoir besoin de parler). Il l'accompagne toujours pour faire ses courses car elle ne conduit pas : ce jour-là elle va porter plainte à la gendarmerie car un 'corbeau" la harcèle; de courriers insultants. On les connaît peu dans le village ces gens-là, là aussi ça jase ! La femme de Bergogne travaille dans une imprimerie et après l'école, leur petite Ida fait ses devoirs chez Christine tous les jours ; "sa Tatie" comme elle dit ,accompagne ses premiers pas en peinture. Marion, la maman d'Ida est elle aussi un personnage ! Capable de tenir la dragée haute à sa hiérarchie masculine, elle intimide et met tout le monde à terre grâce à son culot. Christine se méfie d'elle ("cacherait-elle quelque chose ?"), Marion se méfie de Christine aussi ("n'essaierait-elle pas de me piquer mon mari" ?) Ida ne se pose pas de questions. Elle est heureuse de vivre sa vie comme ça Jusqu' au jour où son chien est tué !Justement le jour de l'anniversaire 40 ans de sa maman, le jour où on prépare sa fête ! Ca va être leur fête ! Et à partir de ce jour-là, le déferlement de violences verbales et physiques commence.... et ira crescendo, les phrases s'allongeant de plus en plus au cours de l'histoire au fil du mal au fil du temps... Un simple coup porté s'étalera sur 2 pages de lecture pour (non pas décrire le coup qui prend quelques secondes mais ce qui se passe dans la tête de la victime qui pense à autre chose qu'au coup, mais en flashback, comme au cinéma, à son passé ou à son avenir, aux impressions, malaises développés par un simple mot, une phrase, une intonation de voix, un rictus, une larme, un mouvement, des perceptions ou ressentis infimes mais sous-jacents) ! "Ai-je aimé le livre ?" Oui pour l'histoire (malgré le manque de courtes nouvelles). Oui, pour la remarquable écriture ciselée, une écriture d'orfèvre ! Oui pour les personnages volontairement mal définis (il subsiste bien des interrogations chez le lecteur après...) Oui pour l'ambiance "collant" parfaitement au hameau tel qu'on se l'imagine (au début il ne se passe rien, et cette ambiance-là me plaît - je vous en ai parlé dans mon commentaie sur le de début de lecture). Oui pour un début de roman captivant ! Après, après ....J'ai tout de même trouvé trop de longueurs qui rendent la lecture parfois pénible, .parsemée d'infimes détails de vie sans véritable importance (même si pour l'auteur, tout même le plus petit détail de vie a sa place dans à la construction pyramidale de l'individu : tout dépend de tout). Je considère la fin moins convaincante, plus floue... Je me méfierai à l'avenir des gros pavés de M. Mauvignier qui écrit aussi, heureusement pour nous des livres de 200 pages. Mais je ne suis pas prêt de lâcher l'auteur, , ses thèmes sont tous intéressants (j'ai fouillé...) Je ne suis pas convaincue que le "thriller" soit un genre dans lequel il excelle particulièrement. Je me demande si cet abus de longueurs ne lui a pas coûté sa place au Goncourt, le livre de M. Joncour se lisant beaucoup plus facilement. (Bizarrement leurs deux histoires évoquent à peu près le même sujet) Je dis tout de même bravo à ce maître des mots et du style ! Grâce à lui, j'ai passé, malgré tout, un grand moment de lecture ! Bravo, Laurent Mauvignier, vous avez gagné une nouvelle lectrice !

    par Mme BOULET Brigitte Le 29 septembre 2021 à 14:53